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Riches de symboles, empreintes de croyances et de présages, les traditions de Noël sont bien ancrées dans le cœur des provençaux et, les Noëls de Provence ont leurs particularités. Moments de partage et de rencontres avec la famille et les amis, c'est alors une succession de fêtes, de rites et de coutumes qui rythme le quotidien : foires aux santons, marchés de Noël, concerts et pastorales, crèches et santons sont des rendez-vous en Provence… Période très festive, elle débute dès le 4 décembre avec la Sainte-Barbe pour entamer la période dite "Calendale" et qui ne s'achèvera qu'à la Chandeleur (2 février).
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Le blé de la Sainte Barbe (4 décembre)

Chaque année en Provence, quand revient Noël, parents et enfants s'affairent aux préparatifs de cette joyeuse grande fête. Dès le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, on met à germer sur un lit de coton humide quelques grains de blé dans trois soucoupes qui figurent la Trinité. Soigneusement arrosées, elles donneront ces petits champs miniatures qui orneront de leur verdure la crèche familiale et la table du gros souper lors de la veillée de Noël, soirée empreinte de symbolisme .
“Quand lou blad ven ben, tout va ben”
(Quand le blé va bien, tout va bien),
ce dicton provençal dit que le blé de la Sainte-Barbe est sacré car ses pousses présagent de l'année à venir. Droites et bien vertes, elles apporteront bonheur et prospérité, couchées et jaunies, elles annoncent du malheur.
Foires et Marchés de Noël

A l'approche de Noël, les villes et villages de Provence se parent de lumière, de saveurs, de traditions, pour fêter dignement la nouvelle année provençale. Foires aux santons, crèches de Noël installés par les santonniers, émerveillent chaque année petits et grands. Les marchés de Noël vous offrent des produits typiques. De l'artisanat (poteries, céramiques, tapis, accessoires, bijoux, décorations de Noël en bois...), de la gastronomie (vins et liqueurs, charcuterie, fromages, pâtisseries, toutes les spécialités...). Les Chalets de Noël accueillent commerçants et artisans. Des animations sont proposées, des manèges animent aussi la fête.

Marché de Noël à Martigues du 07 au 24 décembre 2007
La sainte-Barbe, les veillées,
la messe de minuit et le pastrage,
la Pastorale et la bûche de Noël
Les veillées calendales
Rendez-vous incontournables du folklore de la période de Noël, ces veillées revêtent un caractère familial et collectif et préfigurent de la veillée familiale du 24 décembre.
Caractéristiques des Noël provençaux, rythmées de récits et de contes, de chants et de cantiques, animées par les danses des groupes folkloriques et les gardiens des traditions provençales, elles rassemblent l'âme de Noël en Provence. On y déguste en avant première les 13 desserts et parfois même le gros souper.
Les Pastorales
Pastorale Maurel
Entre les cantiques et les "Noëls" (chants provençaux dont les plus célèbres ont été composés par Saboly, Roumanille ou Charloun Rieu), une pastorale : représentation théâtralisée de la Nativité chantée et parlée en provençal, peut accompagner le cérémonial de la messe de minuit. Elle fait partie du rituel et, elle évoque avant tout l'histoire de Joseph cherchant vers Bethléem un logis pour la nuit pouvant accueillir sa famille.
La Pastorale la plus répandue est la Pastorale Maurel (1844) qui comprend 5 actes en vers provençaux et est représentée chaque année dans la région d'Aix en Provence.
La messe de minuit et les pastrages

Dans certains villages pendant la messe de minuit se perpétue le rituel de la cérémonie du pastrage* . Coutume pastorale très ancienne, le solstice d'hiver correspondant à la période de l'agnelage.
"Lou bayle", le patron des bergers revêtu de sa cape de bure, de son chapeau enrubanné et tenant son bâton de pèlerin est accompagné des autres bergers, d'un petit pâtre, d'autres enfants portant des agneaux et des jeunes filles vêtues du costume provençal, chargés de présents au son des galoubets et des tambours, tous se rendent à l'église en procession après avoir traversé collines et vallons. A leur arrivée, le bayle prend l'agneau dans ses bras pour l'offrir au prêtre et, au moment de l'offrande, tous viennent alors adorer l'enfant Jésus et remettre leurs cadeaux.
Certaines des messes de minuit avec pastrage sont très connues, en particulier à Saint Michel de Frigolet (Tarascon), Barbentane, Fontvieille, Saint Rémy de Provence, Les Baux de Provence, Eygalières et Allauch.
Autrefois, la procession de la foule précédée des bergers se faisait à la lueur des lampions et des lanternes déambulant lentement dans la nuit. Aujourd'hui, Allauch est le dernier village à faire une descente des bergers éclairée.
Le "Cacho Fio", ou embrasement de la bûche de Noël
Cérémonie d'allumage de la bûche de Noël (cacha: allumer, fio: feu). La bûche traditionnellement d'arbres fruitiers coupés dans l'année (poirier, cerisier, olivier) est alors arrosée par 3 fois de vin cuit versé par l'aïeul en procédant à la bénédiction en provençal :
Alègre! Alègre! Alègre! Que nostre Segne nous alègre!
S'un autre an sian pas mai, moun Dieu fugen pas men!
(Allégresse! Allégresse! Allégresse! Que notre Seigneur nous emplisse d'allégresse!
Et si, une autre année nous ne sommes pas plus, mon Dieu, ne soyons pas moins!)
Puis avec le plus jeune de la famille, il prend la bûche et tourne 3 fois autour de la table avant de la déposer dans l'âtre. La bûche allumée, la veillée calendale peut commencer suivie de chants et cantiques en langue provençale, de contes et de musiques. Autrefois, la cendre de la bûche ayant servi au cacho-fio était précieusement recueillie car elle protégeait des maladies. On pouvait aussi la répandre aux quatre coins du champ pour avoir de bonnes récoltes préservées des intempéries.
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Crèche et santons

En Provence, on ne peut imaginer un Noël sans la crèche et son petit peuple de santons. Apparus en Provence au XVIIIe siècle, la crèche et les santons connaissent un grand succès depuis le milieu du XIXe siècle. Au moment de Noël chaque famille rivalise d'ingéniosité pour mettre en valeur sa crèche. Autour de l'étable où se trouve la Sainte famille, les Rois Mages, l'âne et le boeuf, les santons représentent des personnages hérités de la pastorale et des petits métiers typiques de la région: le maire, le meunier, le chasseur, la boulangère...
Le mot "crèche" désigne une mangeoire pour les animaux. Selon l'évangile de Luc (2/7), Marie a déposé l'enfant Jésus dans la crèche de l'étable où Joseph et elle avaient trouvé refuge. Par extension, le mot crèche désigne l'étable ou la grotte ou est né Jésus.

Le santon, du provençal "santoun" signifie "petit saint. Du plus simple au santon habillé de tissus provençaux, la fabrication est restée artisanale.
Le premier santon est entièrement conçu à la main par le santonnier. Un moule en plâtre est coulé sur ce premier modèle qui servira à la production en série. Le moule est ensuite rempli d'argile fine d'Aubagne ou de Marseille.
Une fois sorti du moule, chaque santon sera ébarbé, puis mis à sécher. Selon la taille du sujet, le séchage peut varier de trois jours à trois mois.
Après cuisson au four à 900°, la décoration faite à la main et à la peinture à l'huile reste un moment délicat qui exige beaucoup de patience et d'application.
Le Gros souper et les 13 desserts

Le repas du 24 décembre au soir requiert une véritable mise en scène. Tout d'abord, la table est dressée recouverte de trois nappes blanches disposées par grandeur décroissante qui resteront jusqu'à la fin des fêtes calendales. Trois chandelles blanches sont allumées près des trois coupelles du blé germé de la Sainte-Barbe. Le nombre 3 est essentiel, il symbolise la Trinité. Du petit houx à boules rouges, quelques roses de Jéricho dites de Noël agrémentent aussi la table. Ce repas et chargé de symboles : la bûche du cacho-fio, le feu, le pain et le vin et les chiffres eux-mêmes ont leur importance.
Le Gros Souper: il est servi le soir de Noël a lieu juste après le cacho-fio et se prend en attendant l'heure de la messe. Ce gros souper est en fait un repas maigre, il exclut toute sorte de viande car la veille de Noël est un jour d'abstinence (temps de l'Avent).
La tradition veut qu'il y ait 7 plats maigres, une opinion assez commune veut qu'il s'agisse des 7 douleurs de la Vierge. Ce souper, composé de légumes de saison et de plats incontournables, comprend traditionnellement : la morue frite ("en raïto"), le muge aux olives, les escargots accompagnés de cardons, de céleri à la poivrade, d'artichaut…
Cependant chaque région de Provence a ses coutumes et ses plats spécifiques au terroir et, nombreux sont les témoignages sur le menu du gros souper, Frédéric Mistral raconte que "tour à tour paraissait sur la table les plats traditionnels…" . Ainsi selon les variantes locales, on peut trouver sur la table du gros souper la matelote d'anguille, le poulpe en daube, le gratin d'épinards ou de courge, les lentilles, l'omelette d'artichauts…
Les 13 desserts
Ils se dégustent au retour de la messe de minuit et resteront sur la table les 3 jours suivants. Le chiffre 13 est hautement symbolique, il représente les convives de la Cène, le Christ et les 12 apôtres. Tout comme les plats qui constituent le gros souper, la composition de ces fameux 13 desserts peut variée selon les régions :
La pompe à huile ou fougasse : sorte de galette ronde et aplatie à base de farine fine, de la meilleure huile d'olive, de cassonade, d'eau de fleur d'oranger.
Les "4 mendiants" ou les fruits secs : leur couleur est celle des différents ordres religieux du 19ème siècle dits "mendiants".
Figues sèches (Franciscains), amandes (Carmes), noix (Augustins),raisins secs (Dominicains).
Les nougats
Nougat noir à base de miel et d'amandes. Selon la couleur du miel utilisé, il peut varier du rouge clair au noir foncé.
Nougat blanc à base de miel et d'amandes essentiellement mais aussi de pistaches, de pignons et de noisettes ou de fruits confits. Doux et onctueux, on y ajoute des blancs en neige et du sucre.
Les dattes : symbole du Christ venu d'orient.
Les fruits frais, Oranges, Mandarines, Poires d'hiver, Pommes, Raisins sont conservés pour cette occasion.
Dans les variantes régionales : la pâte de coings, les cédrats confits ou les fruits confits dans la région d'Apt ou de Carpentras, les melons d'hiver, les confitures, les douceurs locales (calissons d'Aix, suce-miel d'Allauch…).
Une profusion de gourmandises qui enchantera le palais des petits mais aussi des grands qui les accompagneront d'un verre de vin cue (vin cuit), de Carthagène ou à défaut de tout autre vin liquoreux.
La fête des rois

Après l'an nòu (le Nouvel An), que chacun passe en famille le 31 décembre, vient les fête des Rois Mages, le 6 Janvier. Les trois rois mages sont alors ajoutés à la crèche le 6 janvier, jour de l'Epiphanie. Porteurs de l'or, la myrrhe et l'encens, ils représentent les trois continents connus à l'époque du Christ : l'Europe, l'Asie et l'Afrique.
L'épiphanie marque également le début de la visite des crèches. On mange à cette occasion le "gâteau des Rois", une couronne de brioche décorée de fruit confits cachant une fève grillée, que l'on accompagne de vin cuit. Le 2 février, soit 40 jours après la naissance de Jésus, la Chandeleur ou fête des chandelles, célèbre la purification de la Vierge et sa visite au Temple. Au programme, procession de cierges verts, bénédictions du feu et, à Marseille, dégustation de navettes, ces biscuits dont la forme de barque évoque l'arrive des saintes Maries en Provence. Enfin, en ce jour de liesse qui clôt la période calendale, on démonte toutes les crèches... jusqu'à l'année suivante. |
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